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Le spectre du Brexit approchant et les négociations entre le Gouvernement Britannique et l’Union Européenne s’éternisant, tout porte à penser que l’immobilier résidentiel au Royaume-Uni aurait été la première victime de ces incertitudes. Bien au contraire

 

Depuis janvier 2020, l’immobilier londonien a trouvé un regain d’activité sans précèdent parmi les investissements étrangers et, plus particulièrement, parmi les investisseurs français. 

Les dernières données produites par l’agence Knight Franck établissent que, pour la première fois depuis l’établissement de ses statistiques, les investisseurs français représentent la majorité des investissements étrangers ayant capitalisé sur le marché immobilier de luxe londonien (prime central London).

Mais quelles sont les raisons d’un tel regain d’intérêt alors même que les indicateurs sociaux et économiques du Royaume-Uni sont loin de dépeindre une situation idéale ?

 

1. La crise sanitaire

Tout d’abord, la crise sanitaire actuelle a conduit à un réajustement vers le bas des prix de l’immobilier résidentiel londonien, notamment dans les quartiers les plus recherchés tels que le « French Quarter » de South Kensington qui avait pris de véritables envolées. Si une telle réduction a retenti uniformément au travers de toutes les grandes villes d’Europe, la baisse des prix à Londres a certainement été la plus sensible de toutes.

Elle s’explique principalement par un fléchissement général des prix qui avait été amorcé avant la crise sanitaire mais qui n’a fait que s’accélérer. Elle s’explique également par la prise de conscience de nombreux londoniens que travailler au centre-ville ne nécessite plus forcément d’y habiter pour se rendre au bureau tous les matins. Si l’ère du travail-à-distance a impacté toutes les grandes métropoles d’Europe, c’est à Londres qu’elle a été la plus retentissante.

 

2. La faiblesse du GBP

Les incertitudes posées par le Brexit ont contribué à une chute vertigineuse du Pound Sterling puisque, depuis juin 2016, la monnaie britannique a perdu en moyenne 20% de sa valeur par rapport à l’Euro. Or en 2019, l’économie du Royaume-Uni présentait pourtant une croissance annuelle supérieure à celle de la Zone Euro et un taux de chômage des plus bas d’Europe. Pour l’année 2020, les prédictions font état d’une reprise encourageante en Q3 et Q4 avec un taux de chômage inférieur aux prédictions et, toujours bien au-deçà de la moyenne de la Zone Europe.

Une monnaie plus accessible a donc permis aux investisseurs étrangers, notamment européens, d’accéder plus facilement au marché londonien jusque-là réputé hors de prix.

 

3. Les droits de mutation

Jadis parmi les plus punitifs d’Europe, les droits de mutation applicables aux transactions immobilières sont soudainement devenus plus accessibles en juillet 2020 en raison d’une décision annoncée par le Gouvernement britannique de réduire le seuil d’application de ces droits seulement aux biens dont le prix de vente excède 500.000 GBP (soit environ 550.000 Euros). En pratique, cela représente d’office une économie de 15.000 GBP (soir près de 17.000 Euros) pour toute transaction dont la valeur est égale ou supérieure à 500.000 GBP.

Mais cette mesure est temporaire et devrait, en toute vraisemblance, prendre fin le 31 mars 2021.

 

Conclusion

Si investir dans l’immobilier résidentiel londonien semble donc être en vogue pour les investisseurs d’Outre-Manche, notamment français, demeure le fait de savoir si cela doit s’inscrire dans une constante. Dans un monde secoué par une crise sanitaire à rebonds et un Brexit imminent, il est bien entendu difficile de se prononcer.

Ce qui reste néanmoins certain est que la petite « window of opportunity » actuelle est destinée à n’être que de courte durée:

Tout d’abord, l’annonce (toujours possible) d’un accord entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni sur leurs relations post-Brexit, couplé d’une augmentation imminente des taux d’intérêts stimulée par des résultats économiques plutôt encourageants, sont susceptibles de faire remonter la Livre Sterling très sensiblement ;

D’autre part, le stimulus fiscal consenti par le Gouvernement britannique et concrétisé par l’abaissement des seuils d’applicabilité des droits de mutation doit officiellement prendre fin le 31 mars 2021 ;

Plus inquiétant encore pour les investisseurs étrangers, le Gouvernement a annoncé qu’une taxe exceptionnelle de 2% du prix d’achat de tout bien à usage résidentiel s’appliquerait à compter du 1 avril 2021 lorsque l’acquéreur est une personne physique non résidentes au Royaume-Uni ; 

Enfin, autre considération à prendre en compte et non des moindres, est le regain de santé de l’économie chinoise plus rapide que prévu. Les investisseurs chinois qui ont traditionnellement été très actifs sur le marché londonien, reviennent en force, entrainant dans leur sillage une augmentation des prix de l’immobilier tant que commercial que résidentiel.

 

Pour toutes les questions que vous auriez concernant cet article ou bien votre projet d’investissement au Royaume-Uni, merci de contacter Alexandre Terrasse ou Rosie McCormick-Paice dont les coordonnées apparaissent ci-dessous.

 

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